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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 13:33

L'AMOUR, LES SENTIMENTS, LA SEXUALITÉ,
C'EST QUOI POUR NOS ENFANTS ?

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Ce thème a été pensé à partir de la polémique créée par le film intitulé :

LE BAISER DE LA LUNE

Le réalisateur Sébastien Watel, ayant produit ce dessin animé en un DVD de 20 minutes, pour un public d'enfants essentiellement de CM1 et CM2 soit de 9 à disons 11 ans.



(Je cite ci-dessous l'intention de Sébastien Watel) :
"Le baiser de la lune dépeint, de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux « poissons-garçons ».
À travers ce film, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe.
Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles.
Ce film d’animation s’adresse à un public enfant, afin de lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence.
Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence."
(Sébastien Watel)

 


Ce film est actuellement inacccessible dans son intégralité (soit le 28 février 2010), et je ne puis que vous évoquer la bande-annonce.
Il s'agit d'une chatte, ayant probablement vécu longuement, puisque quelqu'un l'appelle "Grand-mère", et cette grand-mère chatte, attend telle Pénélope du haut du donjon de son château, son prince charmant, vainement.
Ce qui ne l'empêche nullement d'observer la vie autour d'elle, notamment celle d'un poisson-Lune et d'un Poisson-Chat.
Félix (l'un des poissons) raconte à voix haute la rencontre avec Léon (un autre poisson), et cette amitié, ce sentiment d'amour qui les a unis.
À un moment, Félix parle de la lune qui a rendez-vous avec le soleil -ceci ne concerne que moi mais j'ai évidemment pensé à la chanson de Charles Trénet- soleil et lune ne se rencontrant jamais.
Et Félix est heureux d'avoir reçu de Léon ce qu'il appelle "une lumière".
Félix dit également que Léon voudrait que leurs sentiments éclatent au grand jour.
Voilà pour le résumé de la bande-annonce.
 
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Ce film a été interdit de diffusion dans les écoles primaires par le Ministre de l'Éducation Nationale, lequel a finalement annoncé qu'aucune sanction ne serait prise à l'encontre des chefs d'établissement qui souhaiteraient que les élèves le voient.
En revanche, fleurissent depuis plusieurs jours, polémiques et pétitions innombrables, soit POUR soit contre la diffusion de ce film aux enfants de CM1 et CM2.
 
De ce que j'ai pu en lire, concernant la critique négative et l'argumentation s'opposant à ce film, je retiens trois arguments :


1/ On ne fait pas des chiens avec des chats. Par conséquent l'on ne peut faire des poissons lorsque l'on est un chat, ce qui suppose comme insensée l'idée qu'une chatte soit la grand-mère de poissons.
(Le critique, faisant ainsi référence à la chatte en haut de son donjon, que l'un des poissons appelle "Grand-mère", oublie que le terme "grand-mère" peut être utilisé comme il arrive partout dans nos villages, en parlant d'une dame âgée.

Nul ne dit, dans ce film, qu'il s'agit de LA grand-mère biologique.
Par contre, il existe des "poissons-chats" et l'on peut tout simplement imaginer qu'il s'agit d'un clin d'oeil de la part du
réalisateur, ce qui serait une manière de dire que chacun a un destin de nature : Tu es chat, je suis femme, tu es critique, je suis philosophe, tu es mon petit caillou, je suis ton ami Pierrot etc etc. Pourtant nous sommes différents mais semblables ... à chercher notre âme sœur).
 
 
2/ L'idée de parler de poissons mâles est absurde, puisque les poissons n'ont pas de sexe et qu'ils deviennent femelle ou mâle au moment de la reproduction, en fonction de facteurs tels que par exemple, la température de l'eau ambiante.
(Le critique, bien renseigné, oublie l'essentiel, à savoir qu'il s'agit d'un conte, et que dans un conte, on trouve ce que
l'imaginaire de son auteur produit, ce qui, en somme, est le propre des contes, de pouvoir donner libre court à la Liberté magnifique et unique des rêves de leur créateur, sinon cela s'appellerait plus prosaïquement : un documentaire animalier).
Rappelons que l'imaginaire des conteurs a produit (liste non exhaustive):
Des licornes : invraisemblable
Des elfes : inimaginable
Des fées : même pas en rêve
Des gnomes : pas beaux
Des sphynx : que des horreurs
Des ogres : de gros mangeurs
Des Mooglie : c'est quoi ce mutant
un Petit Poucet : surdoué avant l'heure, et que tous ses frères écoutent, alors là on se fout de nous
Un haricot grimpant jusqu'au ciel : quand je pense qu'on ne parlait même pas encore des OGM 
Et j'en passe, depuis les sorcières magiciennes en  Mayenne, jusqu'à ces êtres étranges grouillant en forêt de Brocéliande.
 
 
3/ Félix dit avoir reçu la lumière de Léon, et le critique, à force mots, nous explique, nous assène, que ladite lumière ne peut être que l'aveu et la révélation  d'un rapport sexuel entre les deux poissons.
(Le critique oublie que nombre de personnes reçoivent, par exemple comme j'en ai été l'heureuse victime ce jour, un rayon de lumière parce que le soleil avait traversé un nuage, sans avoir aucunement l'impression, malgré ma joie, d'avoir réalisé un acte sexuel). 
 

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D'autre part, la lumière peut tout aussi bien signifier "la révélation" ou "la fulgurance", coup de foudre ou amour ou d'amitié, comme beaucoup d'êtres humains en ont vécu, étant petits ou plus âgés. 
Ce qui est bien suffisant tant c'est fabuleux lorsque cela nous arrive.
 
Francis (un papa) ajoute :
- La lumière dans les contes, est un élément récurrent, qui pour les enfants, symbolise souvent une sorte d'illumination, quelle que soit la manière dont les "psys" ou les adultes peuvent l'interpréter. L'effet de la lumière est aussi souvent une sorte d'éclairage sur l'histoire, ou de tournant dans l'histoire.
 

Si nous nous arrêtions à ces trois arguments, il faudrait alors interdire  :
-"Peau d'âne" qui se dissimule sous une peau d'âne (beurk) pour échapper au désir de son père de se marier avec elle (soit
l'inceste),
- "Le petit Poucet", multipliant par deux fois ses dons d'ingéniosité puisque la DASES n'existe pas, afin de déjouer le voeu de parents qui cherchent à abandonner leurs enfants par désespoir,
-"Blanche Neige", qui est empoisonnée par la jalousie jusqu'au désir de meurtre d'une femme substitut maternel haineuse de la jeunesse et la beauté de Blanche,
- "Le chaperon rouge" qui voit sa Mère-Grand déguisée en Loup séducteur afin de la dévorer,
- "Barbe bleue", tyran de sa femme et meurtrier de ses enfants par orgueil,
- "La petite fille aux allumettes", crevant de solitude, de froid, de faim et de désamour par indifférence de toute une société.
Etc. etc.
 
Quoi qu'il en soit, "Le Baiser de la lune" est un conte, ni plus ni moins.
 
                               

Et la nature des contes étant d'attiser fantasmes et rêveries, la "censure" actuelle a idéalement rempli sa fonction :
Nous sommes bon public, nous ne sommes et ne serons que des enfants et donc, nous voulons voir ce conte. Faites-nous rêver. Nous deviendrons grands après si le conte est bon et même, nous vous le dirons !


Mais en attendant, la réalité s'impose et au lieu d'éplucher chaque personnage, scène ou mot d'une très courte Bande-Annonce, cette polémique nous a plutôt inspiré, de manière plus constructive, la question de savoir ce que nos enfants nous disent de l'amour, des sentiments, de la sexualité, quels qu'ils soient, de quelles subtiles ou claires façons ils nous questionnent à ce sujet.



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La question est également de savoir comment nous, adultes, parents, répondons à leurs éventuelles interrogations ou attitudes ?

Avec quelles inquiétudes, quelles images fabriquées, quelles craintes, quelles réactions venues de notre enfance, éducation, croyances, fausses ou non, réagissons-nous aux questions, aux gestes, aux propos de nos enfants, concernant : les sentiments, l'amour, la sexualité ?


Au risque de choquer certains, nous naissons avec une sexualité. Dès lors que, garçon ou fille, nous avons franchi les lèvres de notre mère, nous existons avec un genre, donc nous sommes sexués. Cette sexualité est aussi balbutiante que le nouveau-né mais elle existe tout comme il existe.
 
Nous naissons fille ou garçon, et pour ponctuer avec "Le Baiser de la Lune", en poussant les arguments "contre" à leur limite, il faudrait alors ne pas permettre aux enseignants d'apprendre le singulier, le pluriel, le féminin et le masculin.
Parce que ces notions fondamentales de la langue, lorsque nous les acquérons étant enfant, nous renvoient de fait à notre identité. Et il se trouve qu'elle est sexuée.
 
Le nourrisson, et là les mamans le savent, sont d'emblée dans le plaisir de ressentir notre caresse, un baiser, un effleurement, la douceur d'une main maternelle ou paternelle lors du change, la manière d'être comblé infiniment par le contact d'un sein ou d'une tétine de biberon sur les lèvres.

                                      

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Le tout petit est érogène : tout peut lui être plaisir et sensualité.
De semaines en mois, le nourrisson va préférer telle posture, sur l'épaule ou contre une poitrine, et nous deviendrons parent nous aussi en devinant, en pressentant, ce qui convient à apaiser et donner du plaisir à notre enfant.
C'est ainsi que très tôt, nos enfants si uniques, trouvent eux-mêmes les endroits du corps qui leur sont le plus sensibles : untel s'endort en tournant le doigt autour du bouton de son nombril, un autre en longeant le lobe de son oreille, un autre encore en tétant avec ses lèvres, ainsi de suite.
 
 
 
LÀ OÙ IL Y A DE LA GÊNE, IL N'Y A PAS DE PLAISIR


Et puis plus tard, vers deux ans, deux ans et demi, vous avez à faire avec la masturbation de l'enfant, qu'il vous faut recadrer gentiment, parce que rien ne l'arrête pour venir au milieu du salon se donner du plaisir sous le regard des parents, mais éventuellement des frères et soeurs.
(Ici, les parents éclatent de rire, visiblement par effet de reconnaissance de la scène).
 
Ceci ne signifie d'ailleurs aucunement que cet enfant n'a pas commencé à se masturber bien avant, simplement, entrant dans une période de revendication de sa personne, de séduction destinée à l'un ou l'autre parent, il/elle ne craint pas de s'afficher, de manière très spontanée.
 
Ce n'est pas le plaisir en soi qui est à recadrer ou interdire, c'est bien évidemment de se le donner devant autrui, fut-ce une personne intime (parent, soeur, frère, grand-parent etc).
C'est à la fois un acte de protection et de prévention, que d'expliquer doucement à l'enfant qu'il peut poursuivre ce geste, mais seul, dans sa chambre ou son lit, que personne n'a à le voir parce que c'est son corps, son secret et son intimité.
Ce qui est également une manière de commencer à lui dire que nul n'a le droit de le toucher ("Touche pas à mon corps").
 
Et si, par bonheur, ce sont les frères et soeurs qui le lui interdisent, ceci est d'autant mieux que leurs paroles revêtent le sens de la transmission d'un "tabou" qui a donc été compris, intégré.

Nous ne pouvons imaginer que la sexualité de nos enfants se déclenche ou se réveille, comment dire... le jour du premier anniversaire, ou du second. C'est une évolution, inscrite dès la naissance, qui évolue avec lui.
 
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C'est ainsi que nous avons vu à la crèche un petit garçon de deux ans et demi, clairement titillé par ces questions, aller aux toilettes de la crèche et annoncer :
- Je ne m'asseois pas parce que sinon, mon zizi tombera dans le trou.
Puis, le même jour, alors qu'il aimait assez s'installer aux toilettes avec sa copine Assia, refuser de le faire parce que :
- Si je m'asseois à côté d'Assia aux toilettes, ça va faire pareil pour moi, puisqu'elle, elle l'a déjà perdu, son zizi !
(il craignait peut-être la contagion !)


C'est aussi l'histoire de Loli, ayant perdu sa maman le jour de Noël, et qui, dans les semaines qui ont suivi, se masturbait de manière fréquente pour s'endormir et de manière flagrante dès que l'heure des parents arrivait.
Loli, à défaut de pouvoir recevoir la caresse et le câlinage de sa maman, recherchait un substitut pour apaiser son manque.
Avec ces deux enfants et leur(s) parent(s), nous avons bien évidemment travaillé ces manifestations, en présence de l'enfant.
Ces exemples peuvent, peut-être, aider les parents mais aussi les professionnels.

 
Par ailleurs, nos enfants ne parlent pas de "sexualité" : Ils parlent de curiosité concernant leur genre.
Par exemple ," Le zizi sexuel" de Titof est un trésor de finesse, d'humour, permettant aux enfants d'échanger entre eux, de s'informer en toute simplicité, de sauter les pages dont les thèmes ne les intéressent pas encore etc.


Un papa :
- C'est un livre tout aussi intéressant pour les parents !
 
Une maman :
- J'avoue que j'aime ce livre mais qu'à la fin il y a des pages.. heu.. C'est quoi la masturbation... et je trouve que pour des enfants de 9 ans, c'est... un peu tôt. Enfin, pour moi.
 
(rires des parents, certains probablement étant soulagés de la réflexion de cette maman, d'autres étant gentiment moqueurs puisque la maman a eu dans le ton de sa phrase, une intonation qui laissait entrevoir qu'elle ne croit pas tout à fait à ce qu'elle dit).
 
La crainte qu'un enfant lise un tel sujet, qui je le répète, s'adresse avec finesse aux enfants, est soit liée à celle de l'adulte que vous êtes, de vos propres souvenirs, soit elle est liée à la connaissance que vous avez ou croyez avoir de votre enfant.
Dans les deux cas, votre fille de 9 ans lira ou non la page, avec une reconnaissance c'est-à-dire en s'y retrouvant, ou avec indifférence.
 
La maman, courageuse, continue et lâche enfin ce qui lui tient à coeur :
- Oui, mais pour les filles... C'est très différent.
 
(les parents éclatent de rire. Remarque : la majorité des présents sont des femmes).
 
Les filles... ne se masturbent pas alors que les garçons, si ?
 
La maman acquiesce et ajoute, avec le doute dans la voix :
- C'est-à-dire que pour les garçons, on ne peut pas ne pas voir. Alors que pour une fille, il n'y a rien à voir.


(Haaa.. les représentations que les mères se font parfois, de leur fille !)
Si tant est que cette maman pense que sa fille, âgée de 9 ans, ne s'est jamais masturbée, nul n'est là pour la convaincre du contraire, l'important étant que ce plaisir très naturel ne lui soit pas signifié comme étant malsain.
Les remarques et la question de cette maman sont très importants, parce qu'elles nous provoquent, nous adultes, à savoir comment nous regardons nos enfants concernant le sujet de la sexualité et de leur sexualité.
 
Il se peut que cette petite fille de 9 ans ait un plaisir intime qu'elle dissimule fort bien afin de protéger sa maman et elle-même, autant qu'il se peut qu'elle ne soit pas dans ce registre pour des raisons que nous ignorons.
Quoi qu'il en soit, c'est bien de la manière dont les parents parlent sans gravité ni interdit de ce sujet que les enfants pourront avoir l'audace de poser des questions.
 
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QUAND LES ENFANTS S'ENVOIENT DES NOMS D'OISEAUX


Les enfants ont mille manières de mettre de la sexualité dans leurs échanges. A commencer par "cacaboudin" vers 2 à 3 ans, en passant par le mot "Pédé" lancé dans la cour d'école, dont la majorité d'entre eux ne connaissent pas même le sens.
Ils savent juste que la coloration de ce terme équivaut à une insulte et se veut péjoratif.

Une maman fait remarquer :
- Même le mot "con" - Tu es un con !, est un terme dont la plupart des adultes ne savent pas l'origine. Mais tous y mettent du cœur en le disant, que ce soit en étant au volant d'une voiture ou pour se soulager d'un voisin, d'un collègue ou d'un quelconque importun.
 
 
 
DES NOMS D'OISEAUX AU NID D'OISEAU
 
Vers 3 ans environ, les enfants posent des questions simples, qui ont néanmoins rapport avec la sexualité même si leur teinte est sur le versant existentialiste :
- Comment on fait les bébés ? ("c'est quoi cette bouteille de lait ?")
- Maman, avant que je naisse, où tu étais ?
Et mille autre questions, qui laissent constater que l'enfant se crée une raison du monde et de sa propre existence : Il pense parfois que ses frères et soeurs ne sont pas véritablement de la maman, où que le monde ne vivait pas avant que lui ne naisse, ou que sa mère est née en même temps que lui, etc...
 
De même que selon leur évolution et l'attachement affectif ou la rivalité qui les remuent, certains enfants jurent fermement que c'est le papa qui fait le bébé. Ce qui en soi n'est pas totalement faux mais manque disons.. de complément, c'est le moins qu'on puisse dire.
 
La véritable question : Comment on fait les bébés ? - qui suppose clairement une explication précise, arrive environ vers 7 ans.
(Quand on pense que l'on appelle cela l'âge de raison !).
Et c'est lors de l'arrivée de ce questionnement très précis que certains parents se trouvent malgré tout embarrassés pour répondre.
 
Ce qui est à la fois le plus rassurant et le plus sage est de répondre à l'enfant en restant dans la cadre de ses questions, et de ne pas aller au-delà de sa curiosité.
Nous pouvons nous en rendre compte dès lors que l'enfant ne pose pas d'autres questions et semble se suffire de nos explications.
Rien n'interdit non plus de trouver des livres intelligents et explicatifs, et de les lire ensemble.
Les parents peuvent également profiter de l'occasion d'une visite de cousins ou de copains (cousines/copines) pour offrir un livre adéquat.
 
 
Je me souviens de deux amis, Bastien et Mohammed, le second étant invité à passer une nuit chez le premier.
Ils ont lu "le Zizi sexuel" et en ont discuté, au moment du coucher, pendant presque deux heures, ce qui a donné entre autres effets, appel à mon arbitrage sur la question suivante :
- Est-ce qu'on peut dire "Coui.... ?"
Le second répondant avant que je n'aie pu dire quoi que ce soit :
- Non ! Parce que ce n'est pas du tout pareil que les Sexycules !
Le premier lui rétorquant :
- On dit les : Testicules !
(Ces deux enfants avaient, l'un 6 ans, le second 7 ans).

Le fait que les enfants sensiblement du même âge s'éclairent ensemble de leurs connaissances quant à leur curiosité et interrogations est profitable à tous.
Ceci n'empêche pas les parents de répondre aux questions.
 
 
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MA PRÉFÉRENCE À MOI
 
Nous aurions tort de penser que nos enfants, à l'âge de l'école primaire, ne sont pas curieux de la sexualité, en général autant qu'en particulier.
Du reste, et les institutrices de maternelle le savent, les enfants ont des préférences de relation qui varient au fur et à
mesure de leur croissance.
 
C'est ainsi que les petits garçons de maternelle ont des amoureuses et des bons copains, les petites-filles ont des amoureux et des bonnes copines. Il n'est pas besoin de mots pour observer leurs élections.
A partir du CP, en CE1 et CE2 déjà, les filles restent entre filles et les garçons préfèrent la compagnie des garçons.
Est-ce pour autant qu'ils sont homosexuels ou hétérosexuels ?
Et bien non, cela n'a rien à voir.

 

Ce qui n'empêche pas certains de se poser la question, sous une forme plus voilée, soit parce qu'ils sont plus matures sur cet aspect, soit parce qu'ils ont des aînés et les voient évoluer sur la planète des amours et des sentiments.


 Une maman :
- Ma fille de 9 ans n'a pas d'amoureux, et toutes ces copines ont un amoureux... ?
 
Certains enfants ont un jardin gardé bien plus secrètement que d'autres.
Ou bien cette enfant vous protège en ne parlant pas de ce domaine précis.
Enfin, on ne peut pas être à la foire et au moulin, et il se peut que cette petite-fille soit très occupée par autre chose de sa vie, du moins actuellement.
 
 
 

AMOURS ET SENTIMENT,TOURNEZ MANÈGE


Certains enfants de cet âge ont des copains sur le mode large, ils sont par exemple des boute-en-train, des locomotives, et sont estimés de la plupart sans avoir déjà envie ou besoin de relation un peu exclusive.
 
Mais la plupart du temps, les filles ont "des" amoureux et les garçons "des" amoureuses, le tout variant avec allégresse dans le temps : On s'aime, je l'aime plus, je la parle plus, il m'a traité, Ethan maintenant il préfère ma copine mais je m'en fous, etc....
 
(ici, majorité de parents reconnaissent leur enfant)

La période du primaire est une phase de l'évolution de l'enfant qui est propice, avec ses copinages, amitiés, "amoureusités", à cette découverte des sentiments, de l'amour, de l'attirance.
Les relations dites précieuses sont volatiles, certaines, notamment les amitiés avec le même genre sexuel, peuvent durer des années (c'est MON ami(e) !) et les parents le constatent parce que notre enfant parle très souvent d'unetelle ou d'untel.

Les garçons par exemple, ont des sentiments forts de type communauté de genre, avec le besoin physique de jouer à la bagarre, de se confronter à une forme de compétition, c'est-à-dire de s'affirmer en tant que garçon par le jeu de miroir avec les autres.
 

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LE CORPS ET LA SCIENCE


Dès lors que nos enfants, étant tout petits (crèche, maternelle) apprennent à ne pas faire du mal au corps de l'autre, de même que les victimes -jamais les mêmes- ont le devoir de se défendre et de refuser un contact brusque, qui n'est qu'une tentative d'entrer en communication, les plus grands, une fois ces interdits acquis, vont aller à la recherche de découvertes ou recherche de sensualité.
 
Nous devons soit nous souvenir de notre enfance, soit admettre qu'entre 6 et 10 ans, selon encore une fois l'incroyable curiosité de nos enfants pour les choses de la vie, il y ait des expériences vécues en secret.
Et cela n'a rien d'anormal.

Ainsi, deux couples, amis de longue date, avaient pour coutume d'inviter la copine de leur fils, les deux enfants n'ayant qu'un an d'écart.
Puis un jour, la maman du garçon, très empêtrée, est venue parler à ses amis, parents de la fillette, expliquant sa gêne à l'idée qu'en emmenant leur fille en vacances, il se passe "des choses" entre son fils et leur fille, âgés de... 8 ans et demi.

Il a donc été convenu que ce serait les premières vacances durant lesquelles les deux amis ne dormiraient pas dans la même chambre, puisque visiblement, la maman du petit garçon était anxieuse.
Ce qu'elle ignorait, c'est que les deux enfants avaient déjà pratiqué quelques exercices ayant pour vocation de satisfaire leur curiosité, dans les toilettes de la maison du garçon, à l'insu des adultes.
Remarque : les exercices s'étant limités à comparer le "zizi" de chacun.
(La petite-fille l'ayant très simplement, à l'époque, raconté à ses parents et le petit garçon, aujourd'hui âgé de 30 ans, n'en ayant probablement jamais parlé, sa mère étant une grande inquiète).


ici, les parents se soulagent en riant, permettant ainsi à une maman de conter une anecdote :
- Marie, un jour, rentre à la maison en me disant :
- Ca y est maman, tu sais, Aline, elle l'a fait.
- Et (dixit la maman), je demande à ma fille :
- Elle a FAIT QUOI ???
- Elle a embrassé un garçon
Ce qui, dit la maman avec un ton d'autodérision, l'a fait s'exclamer, avec soulagement :
- Ahhhhhh ! D'accord !!!
 
 
 

LE PRINTEMPS DES TROIS ANS


Un excellent moyen pour que les parents ne s'affolent pas de ce que les enfants de primaire découvrent, voire recherchent, et de se souvenir de ces mêmes enfants étant en crèche ou en maternelle.
Surtout au printemps !
(Les parents rient comme s'il s'agissait d'une boutade mais les institutrices présentes confirment).
À l'époque où il fait chaud, les corps se délivrent. L'âge aidant, l'on voit les enfants de 2 ans et demi, 3 ans, jouer à papa-;aman, soulever les tee-shirts, comparer la peau, les seins, les garçons se vexant que les petites-filles leur disent qu'elles ont du lait dedans mais que c'est pour le bébé, et ajoutant, perfides, qu'eux n'auront jamais de lait dans leurs seins.
 
Et bien, cette libido est là, présente, dès le tout début : Il s'agit de la sensualité, des caresses recherchées, des baisers, des câlins, de la tendresse, du plaisir sans cesse renouvelé, en somme du désir.
Et ces enfants, encore très spontanés, se caressent un bras, s'embrassent sur la bouche.
 
 
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LE BAISER
 
Le grand-père amical :
- Faut-il laisser faire le baiser sur la bouche ?
 
Oui. Pourquoi non ?
Cela dépend de vos imaginaires, de vos limites, de votre histoire.
Il est des familles où parents et enfants s'embrassent sur la bouche, et ce geste cesse un jour, parce que l'enfant grandit et que ce baiser, ou plutôt ce contact, revêt pour lui un aspect pudique ou différent.
Regardez le plaisir des filles, même adolescentes, de se faire coiffer par son amie : Ce n'est que plaisir partagé sans qu'il y ait de contact sexuel.
Ne confondons pas sensualité, libido, et sexualité permanente. Même si la sensualité est un versant de la sexualité.
Se masser, se coiffer, maquiller l'amie, c'est sublimer une sexualité dont elles n'ont, la plupart du temps, ni l'idée ni
l'envie.
 

 

Une maman :
- Alors que ma fille -en primaire- disait au revoir à son amie en l'embrassant sur sa bouche, j'ai entendu la maman de son amie lui in-ter-di-re de le faire.
Et la maman a regretté cet interdit de l'autre mère.
 

Un papa ajoute :
 
- Je pense que si j'avais été présent et papa de la première petite-fille, j'aurais essayé d'entamer une conversation pour expliquer à cette maman qu'elle n'est pas obligée de mettre du "sexuel" dans un baiser spontané et privilégié puisque les deux petites filles gardent pour elles ce baiser de l'amitié.
 
 
En dehors du fait que ce papa a raison de souligner la différence entre nos représentations d'adultes, les lèvres sont non seulement source de sensualité, mais ce sont aussi le premier objet transitionnel : Nous nourrissons le nouveau-né par les lèvres, il tète ensuite un doudou ou une tétine, il mangera des aliments solides puis parlera, et là encore les lèvres joueront un rôle fondamental dans ces plaisirs de la vie.

Lorsque dans un couple, l'on se délasse en se massant, de quoi s'agit-il ?
Un papa répond :
- D'un acte kynésithérapeutique !
(Les parents éclatent de rire).

Et bien le plaisir a mille facettes et ne conduit pas forcément à l'acte sexuel.
 
 

ET LA TENDRESSE, BORDEL
 

Un papa :
- Il est vrai que même entre hommes... Me concernant, j'ai deux amis très proches, hommes, et lorsque nous nous retrouvons, nous nous embrassons, simplement sur les joues. Et cela n'est pas toujours accepté par les éventuels observateurs.
Cette expression de notre amitié ne passe pas toujours très bien.
Que des femmes le fassent ne semblent gêner personne, mais que je le fasse avec mes amis provoque parfois des réactions ou des questions pour un geste qui vient simplement signer la reconnaissance de notre affection amicale.
Il m'est arrivé d'ailleurs, que quelqu'un me demande si j'étais homosexuel. Ce qui m'a fortement donné envie de répondre que si quand bien même je l'étais, et alors ?
 
 
L'anecdote de ce papa montre bien à quel point nous pouvons être libres par rapport à une culture, une éducation, ou combien nous pouvons être réfractaires à la différence, puisque dans certaines cultures, les femmes comme les hommes s'embrassent entre eux pour se saluer.
 
Nous pouvons considérer que ce baiser sur les joues entre amis hommes, entre amies femmes, est de l'ordre de la fraternité.
Ces manifestations d'affection, encore une fois, dépendent dans une large mesure, de notre relation à la tactilité, à la pudeur, à tout ce qui nous as été transmis.
 

Une maman :
- J'ai eu beaucoup de mal à expliquer à ma propre mère que je ne voulais pas qu'elle force ma propre fille à embrasser des gens qu'elle ne connaît pas. Un "bonjour" suffit plutôt qu'un baiser arraché sous la contrainte.
Même si ce baiser n'est pas connoté de sexualité, quoi que.. puisque ma fille est obligée de poser ses lèvres sur la joue, la peau, d'un inconnu.
 
 
Il y a dans ces coutumes, un acte qui force la pudeur, tout comme l'on peut voir dans la littérature, et certains d'entre nous l'ont vécu, enfant, une forme de non-amour à se faire embrasser par des personnes de la famille -tantes etc- qui, elles, ne rendaient le baiser qu'en tendant leur joue, leurs lèvres serrées claquant le.. vide.
 

Un papa :
 
- Je me souviens qu'enfant, j'avais bien plus envie d'embrasser les joues de femmes à la peau tendre, douce, que celles de ma grand-mère qui avait des poils qui me piquaient. Ce qui montre bien le plaisir à embrasser.
 
Ce sont bien ces notions de plaisir et déplaisir, permises ou interdites,qui, en grandissant, vont nous amener à aller au contact de l'autre avec une facilité plus ou moins claire d'accepter, de refuser, de nous braquer, ou de nous éparpiller.
Se tenir par la main en colonie est un signe de "l'être bien ensemble", les caresses sur les bras entre frères et soeurs petits sont la plupart du temps des marques de jeu/tendresse.
 
  
et moa
                                            
                                           
 
TOUCHE PAS À MON CORPS


L'interdit dont il était question au début de la rencontre, celui de ne pas permettre qu'un petit de deux ans vienne se masturber devant le cercle familial, est également une manière de lui apprendre un tabou : Celui de son corps.
C'est un tout premier apprentissage du fait que son corps n'appartient qu'à lui et qu'il se doit de le protéger, qu'il a le droit de refuser qu'on le touche.
Ce qui permet, plus tard, de lui apprendre que qu'il y a des intentions, des actes, qu'il est en droit de refuser.
 

 

Le grand-père amical :
 
- Il faut lui interdire de se masturber devant autrui mais lui dire, surtout, qu'il a tout de même le droit de le faire, non ?
 
 
Oui en effet. Parce que l'enfant, si petit, ne vient pas obligatoirement se faire plaisir pour le montrer à la compagnie. Dans l'interdit de le faire en public, il est important de lui dire qu'il a toute liberté de le faire seul, ailleurs, mais seul avec lui-même.
 

Le grand-père amical :
 
- Mais quelles sont les conséquences si l'on n'exprime pas cette liberté ?
 
Et bien certains ont alors refoulé, nié, oublié même, de l'avoir fait.
Certains l'ont tout de même pratiqué mais l'ont gardé secrètement.
 

Une maman :
 
- Et comment, quoi faire, lorsqu'on lui change sa couche et qu'il en profite pour se faire plaisir ?

 
 
Même avec une couche, les enfants glissent leur main, souvent pour s'endormir, et se font plaisir. Au moment d'enlever la couche pour en changer, le geste est tout aussi naturel.

Les parents peuvent continuer à nettoyer l'enfant, ou retirer doucement sa main pour le faire, et si cela les dérange, lorsque l'enfant est plus grand, ils peuvent aussi lui demander de se nettoyer lui-même, puis lui remettre sa couche ensuite, ce qui serait une manière douce de le rendre autonome.
 
Il n'est peut-être pas utile de commenter outrancièrement à l'enfant un geste qu'il fait par réflexe inconscient, tant que cela ne dure pas sous votre regard.
 

Le grand-père amical :
 
- Alors, un enfant qui ne se masturbe pas, il faudrait s'en inquiéter ?
 
Non, pour quelle raison ? S'il ne se masturbe pas c'est peut-être et sûrement que vous ne le voyez pas.
(rires des parents).
l'expression "ne touche pas à mon corps" concerne également le "parler" : en parler de nous-mêmes à nos enfants serait faire intrusion dans leur vie très privée. Si les parents ne voient rien, c'est qu'il n'y a rien à voir et que l'enfant se protège déjà. Et c'est bien.
 
 
serrure
                                                    
                                       

TOC TOC OUVREZ-MOI LA PORTE


Une maman :
- Est-ce que cela veut dire qu'à partir d'un certain âge, il vaut mieux frapper à la porte de la chambre de nos enfants, ne serait-ce que pour ne pas surgir au cours d'un de leurs instants secrets ?


Souvent, ce sont nos enfants qui le demandent. Soit parce qu'eux-mêmes ont appris à frapper à la porte de notre chambre, soit parce qu'ils en ont besoin.
Vers 8/9 ans, l'enfant n'a pas seulement envie de vivre son plaisir sans être dérangé. Il a aussi des secrets, tout simplement, et des envies de solitude.
 
Les petites-filles ont par exemple un journal intime et détestent être dérangées pendant qu'elles écrivent.
Des garçons ont envie de jouer, seul, et s'introduire brusquement dans cet imaginaire les vexeraient ou les fâcheraient.
L'idée de frapper à la porte de leur chambre est aussi une façon de leur apprendre le respect mutuel, ce qui les amènera si ce n'est déjà fait, à faire de même nous concernant.
 
 

 

Un papa, un peu moqueur à son propre endroit :
 
- Pour ne pas avoir frappé à la porte de la chambre de mon fils... Je pense, en effet, qu'il est bon de le faire.
 

Il existe des familles où cet apprentissage de la discrétion s'effectue spontanément, il est des enfants à qui il faut l'apprendre.
 

Une maman :
- À partir de quel âge ?
 

Je ne crois pas qu'il y ait "un" âge. Vous le sentez. Ou bien vous constatez un jour, ce qui est un signe, qu'ils ferment la porte de leur chambre, ce qu'ils ne faisaient pas auparavant.
Il y a des enfants à deux ans, qui ferment la porte de la salle de bains, c'est respectable.
D'autres au contraire, laissent la porte ouverte longtemps.
Chaque parent "sent" par des signes, soit vous éprouvez une forme de gêne : écoutez-la.

D'autres signes sont : 
- Je veux prendre mon bain tout seul (sans frère et sœur).
- Je voudrais avoir ma chambre à moi.
 
 
 tendresse petits garcons

                                             
L'ÉCOLE : GRANDE PIÈCE DE THÉÂTRE DE LA VIE
 
Le grand-père amical :
- Est-ce que l'école favorise ou au contraire a une fonction de répression ?
 
Un papa :
- Certaines écoles sont plutôt sur le versant de l'interdit, mais on ne peut pas généraliser.
 

 

Pour répondre à ce grand-père amical, rien n'empêchera les enfants de grandir dans la plupart des écoles.
Parce que même dans la cour de récréation, plein de choses se vivent entre enfants que les enseignants ne voient pas et c'est heureux, parce que plein de choses se vivent entre enfants que les instituteurs voient mais dont ils ne parlent pas et c'est heureux aussi.
 
Hormis les interdits fondamentaux et les risques de danger, ou de doute fort, l'école n'empêche pas un enfant d'éclore et de bourgeonner et n'a pas à intervenir.
 

Le grand-père amical :
- Mais enfin, n'y a-t-il pas un âge, par exemple en fin de primaire, où les adultes, à l'école notamment, doivent interdire certains gestes, comme nous avions évoqué, s'embrasser sur la bouche par exemple ?
 

Tout d'abord, ce sont les enfants entre eux qui se transmettent des interdits.
 
Un papa dit :
- Oui... J'ai déjà entendu des enfants dire : rhâââ c'est dégoutant !
 

Ce qui est très juste. Les enfants eux-mêmes se transmettent à notre insu quantité de petites lois.
Et puis n'oublions pas qu'ils grandissent, et que ce qui ne leur posait pas de soucis prend, au fil du temps, une autre signification.
À trois ans, on peut leur montrer un petit documentaire sur la manière dont une maman éléphant met au monde son éléphanteau.
Mille questions sont posées alors.
Et le même documentaire passé à des enfants de sept à huit ans ne les intéressera absolument pas, ou les rebutera, parce qu'il y verront, du moins pour certains, une approche de la sexualité qu'ils n'ont absolument pas envie de regarder et que cet aspect n'entre pas dans leur questionnement.
 
Si nous savons, en tant qu'adultes, poser des règles, alors nous devons leur faire confiance : eux-mêmes sauront en poser d'autres.
De même qu'il n'est pas souhaitable d'anticiper sur leurs questions.
 



rotonde                                             
                                     

Le grand-père amical :
- Par exemple, très tôt, avec Internet, ou la télévision, ils peuvent être amenés à voir des images ou films pornographiques. Faut-il intervenir ?
 

 

Demander, sûrement, comment ce film a été découvert. Rappeler que ces films n'ont pas de relation avec la réalité de l'amour, que ces images ne sont évidemment, dans leur crudité, peu ressemblantes à ce qui se vit entre deux adultes, parce que cela manque de mots doux, de tendresse, etc...
 
- Cela peut-il les traumatiser ?
Oui. Lorsque nous n'avons pas l'âge au sens maturité, nous pouvons évidemment avoir une représentation trop marquante et surtout prématurée de la sexualité, par rapport à ce qui est à notre portée.
 
Une maman :
- Il me semble avoir lu... Enfin, peut-on s'embrasser, s'enlacer, devant nos enfants ?

Oui, pourquoi devrions-nous nous l'interdire, si ce baiser et cet embrassade sont simplement des signes d'amour, sans lex exagérer outrancièrement ?

Nos enfants vérifient alors l'amour que le couple parental ressent, il apprend également à l'accepter sans se sentir exclu pour autant. Sentir des parents qui s'aiment est rassurant pour l'enfant. S'embrasser n'est pas un acte sale, à dissimuler.
Encore une fois, c'est une question de mise en scène à ne pas dépasser.

 
Un papa :
- Et il vaut mieux qu'ils découvent ces petits gestes amoureux en voyant leurs parents, parce que le spectacle de la rue ne les épargnera pas. Sur le trottoir, s'ils voient deux hommes s'embrasser fougueusement, la réponse à leur question devient plus difficile.
 
 
La réponse est :
- Ces deux messieurs s'embrassent parce qu'ils s'aiment.

Ce qui pour en revenir au petit dessin animé, "Le baiser de la lune", laisse dire aux parents présents, qu'il est préférable que nos enfants le voient, maintenant, en primaire, à un âge où toutes ces questions se posent, plutôt que d'attendre l'adolescence, période déjà bien tardive, puisqu'ils auront eux-mêmes répondu plus ou moins bien à leurs questions, et surtout, où ils auront déjà, soit des a priori négatifs sur la différence, soit auront fait des expériences dont ils n'oseront cette fois, plus parler.

Une maman :
- Mes beaux-parents, enseignants, sont contre la diffusion parce qu'ils pensent que l'homosexualité est une mode et qu'en primaire, c'est trop tôt pour en parler.


C'est dommage de dénier une sexualité qui n'est, ni un phénomène de mode, ni un choix.
Et encore une fois, en parler au collège ou au lycée, c'est trop tard.
Durant les années précédentes, à défaut d'en parler, les enfants se seront construit des images faussées par les discours ambiants, les principes moralisateurs etc.


Tous les jours, à l'école, les sentiments et l'amour se parlent entre enfants, et se vivent.
Un documentaire comme Le Baiser de la Lune ne peut qu'ouvrir l'esprit à ce que certaines et certains, autour de nous, vivent de manière naturelle et heureuse.
C'est un outil supplémentaire à l'enseignement de la tolérance.


                                                 
amours animaux 

             

Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 12:00

SAVOIR DIRE "NON"

DIRE NON (1)




non 12



LES BORNES DES LIMITES :


"Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et nourrit sans cesse le remords de ne pas l'avoir fait."
(Tahar Ben Jelloun)

Nous retrouvons dans cette phrase la culpabilité : Celle de ne pas savoir dire non à nos enfants, et la colère, parfois : Celle d'en vouloir à cet enfant d'avoir créé une situation compliquée, d'autant plus si nous avons du mal à la gérer.

Nous sommes adultes et pourtant, arrivés à un certain âge, nous avons encore des difficultés à dire "non" : A notre supérieur, à des amis, aux voisins, au compagnon ou compagne.
Et cette impossibilité nous fait même parfois mentir pour éviter d'affronter notre lâcheté.


Or avec l'enfant, savoir dire "non" sert à lui donner un cadre en soulignant notre autorité.
L'enfant en a besoin.

Nous voyons des enfants, qui ont un lien aux parents si marqué par le défaut de règles, la foison de "oui" permissifs, qui en viennent à développer de sérieuses difficultés psychomotrices, comme si le corps en venait à être déséquilibré lui-même faute d'avoir un équilibre interne, balisé par la loi parentale.

 

Dire non c'est marquer votre limite, c'est donc recadrer la liberté de l'enfant.

Ces limites peuvent être de l'ordre alimentaire -ne pas prendre ou ouvrir le réfrigérateur sans avoir demandé-;
Elles peuvent être comportementales -Une maman tolère que sa fille se fâche, mais refuse clairement que l'enfant lui crache dessus-;
Elles peuvent être relationnelles : - Je t'interdis de parler de cette manière à ma femme, (ou à ta maman).

 



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TOUCHE PAS A MON CORPS, TOUCHE PAS A MES REVES

 

Savoir dire non, pour les parents, va permettre à l'enfant d'apprendre, à son tour, à dire non.

Au tout début, je pense aux enfants entre 1 et 4 ans environ - plus exactement de 18 à 24 mois-, ils vont d'ailleurs dire non à tout bout de champ, y compris et surtout mal à propos.

Exemple : - Tu veux des petits pois ?    - : NON !
(alors qu'il s'agit de son plat préféré).

Cette période va passer peu à peu, l'enfant ayant essayé plus ou moins judicieusement de vérifier que son "non" peut aussi avoir un impact.


En sachant que vous êtes capables d'opposer votre volonté, l'enfant va apprendre aussi la grande marche sociale : Nous pourrions donner l'image de la rue, sur laquelle on ne marche pas, et des trottoirs, qui sont autant de repères et de balises.
L'enfant à qui l'on dit "non" se sent sécurisé, il n'est pas perdu, bras ouverts ne tenant rien, dans l'immense forêt de la vie.


Le "non" aide l'enfant à savoir devenir volontaire, audacieux, mais pas inconséquent.
Il lui sert à pouvoir argumenter sans être insolent.
C'est un apprentissage compliqué, qui demande des années, mais il est constructif pour l'assurance en lui et son autonomie.


De la même façon, lorsque l'enfant sent une contradiction, un paradoxe, entre la parole du père et celui de la mère, cela provoque une anxiété chez l'enfant.

Même s'il joue de la faille, en venant vous dire :
-Papa, Maman veut bien (ou le contraire).
Certes, nous pouvons en sourire, mais si la scène est trop fréquente, au fond, l'enfant ne saura plus, alors, sur quoi s'appuyer pour avancer.


Il peut aussi en arriver à penser que le "non" ou le "oui" d'un des parents n'a guère de valeur.

Il tentera de toute manière, de créer alliance avec celui des deux qui accorde les choses plus facilement.
Simplement parce que l'enfant est en recherche de plaisir immédiat et vivant d'imaginaire.


Ce sont les parents, ensuite, qui en concluent, par exemple, que leur enfant préfère l'un du couple parental, ou qu'il est malheureux avec nous parce que nous sommes celle ou celui qui marquons la loi en permanence.


Si l'enfant connaît les règles de la maison de ses parents, il n'est pas égaré. Même si, dans d'autres endroits, les interdits et permissions sont différents.

Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:58

DIRE NON (2)


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C'EST CELUI QUI DIT QUI Y EST

 

Parfois, les parents se demandent s'il est très important de dire "non" à tel moment.
Cela dépend de votre mode de vie, de l'éducation reçue, de vos valeurs.

Certains parents n'accorderont guère d'importance aux petites lois concernant le registre alimentaire, d'autres seront plus fermes sur ce terrain.

L'enfant est en sécurité psychique lorsqu'il sent :
1/ Que les parents sont relativement cohérents face à ces tentatives,
2/ Que chacun des parents est fidèle à lui-même, ne se ment pas à lui-même.


L'enfant apprendra alors, au fil du temps, à dire "non" lorsqu'il sent que cela le place en désaccord avec lui-même.
Il apprendra également, et c'est très important dans sa relation à autrui, à respecter sa parole.

 



NON 18 m'en fous j'irai quand même (2)

UN NON AVEC UN PETIT ÉLASTIQUE


Rien n'empêche de négocier, de jouer avec l'exceptionnel.

Une maman a vu sa petite fille arriver et lui dire d'emblée :

- Je sais que tu refuseras mais je te le demande quand même.
(elle voulait regarder la télévision durant les dix minutes qui précèdent le diner, acte interdit dans la maison).
A la grande surprise de l'enfant, folle de joie, la maman a dit oui. En redisant doucement qu'il s'agissait d'une exception.

 


 À la crèche, les deux à trois ans n'ont pas le droit de dire "Cacaboudin" à table ou à tout bout de champ.
Il arrive de temps à autre que nous mettions les volontaires dans la salle et le jeu de transgression consiste à dire, crier, chanter, "cacaboudin" autant qu'ils le veulent, entre deux sonneries de clochettes (ce qui dure environ une minute, et les réjouit au plus haut point), la règle étant qu'ensuite, le mot redeviendra interdit.
Il en résulte qu'au bout de quelques secondes, nous voyons des enfants ne pouvant plus hurler "cacaboudin" tant il sont occupés à rire.


Nous pouvons déplacer les interdits de leurs rails, de temps à autre. C'est une parenthèse, qui fait rire toute la famille, ou un parent avec un enfant, c'est Nöel en avril. La règle en aura t'autant plus de valeur.


En somme, plus le "non" sera aisé à énoncer, justement annoncé, plus le "OUI" prendra de la valeur.

 



DIS-MOI OUI, DIS-MOI NON, DIS-MOI SI TU M'AIMES


Pour les parents qui ont du mal à refuser quelque chose à l'enfant, il peut être aidant d'observer.
Au bout d'un moment, l'enfant dit à peine merci, il ne marque plus la surprise de la découverte, de l'étonnement.
Le oui devient une habitude puis un dû.

Et contrairement à ce que nous espérions en ne disant jamais "non", cet enfant ne peut pas être assuré d'être aimé.

Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:56

DIRE NON ( 3)




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SOUVENIR, SOUVENIRS


Il est toujours intéressant de se poser, en tant que parents, ces deux questions :

1/ Quel est le (ou les) souvenir d'un "Non" qui me fut opposé et m'a marqué étant enfant ?
Ce souvenir peut provenir d'un grand-parent, d'un frère plus âgé, d'un inconnu.. Pourquoi en avons-nous été marqués ? etc.

 


2/ À quel moment, dans quelles circonstances, m'est-il le plus difficile de dire "non" à mon enfant ?
Est-ce par fatigue ou lâcheté, est-ce pour avoir la paix ou par crainte d'un danger ? Est-ce par énervement, ou parce que cela fait deux heures que nous aurions dû déjà dire non à quelque chose et n'avons pas su le faire ? Etc.

 


Cet exercice pourra parfois nous aider à nous mettre à la place de l'enfant et de ses réactions, donc d'évaluer notre explication, ou pas.


Il est vrai que vers deux ans et demi, l'enfant dit "non" systématiquement et nous devons faire la part de ce qui est "Non, parce que je veux être autonome" avec le "Non, parce que tu me dis tout le temps -non- alors je fais pareil.

Même s'il s'agit de faire des actes qu'ils aiment : prendre un bain, manger.

Alors, avec cet exercice, peut-être que nous retrouverons des sentiments d'incompréhension totale, ou d'injustice, ou du "non" mal reçu et blessant parce qu'il ne valait pas ce bras de fer.

 

 




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CHANGER DE LIEU, CHANGER DE LOI


C'est avec les parents, principalement, que l'enfant se construit. Entre autres, parce que l'enjeu affectif est vital, mais aussi monumental.

Une fois, à l'école, il va devoir affronter des "non" particuliers, peut-être même apparemment contradictoires avec votre manière de faire et d'être.


Mais si cet enfant, même ayant seulement deux ans et demi, a déjà éprouvé et essuyé vos "Non" à vous, les parents, qui sont des "Non" prononcés sans éclat mais avec conviction, votre enfant s'adaptera parfaitement aux règles de l'école ou à celles d'une autre maison - les grands-parents, des amis, une tante-.


Nous voyons avec quelque sourire intérieur, des parents, réagir par exemple, au "Non aux bonbons" de l'école Bara, donner de suite à leur enfant en sortie d'école une sucrerie. Comme pour compenser l'interdit vécu par l'enfant durant la journée.

Ce qui est le plus important est que l'enfant intègre que dans tel lieu, il doit accepter telle règle, alors que dans un autre, cette règle ne sera pas d'actualité.
Et nos enfants, très vite, très tôt, sont parfaitement capables de sortir leurs antennes pour comprendre à quel moment et avec qui le "Non" pour telle chose, devra être respecté.






NON 22 colere

JE SUIS LE ROI DU MONDE - MOI JE SUIS LA REINE DES ABEILLES


Etre capable d'opposer notre autorité à l'enfant, c'est lui faire comprendre qu'il n'est pas dans la toute puissance.

C'est le préparer à affronter les "Non" qu'il entendra tout au cours de sa vie, et qu'il saura gérer.
C'est l'inviter à se définir, à être capable de choix, à savoir où est son désir, son opinion.


Nos enfants, disons jusqu'à la fin de l'école primaire, apprennent mille choses, DONT les règles en société.
Ensuite, ils auront dans leur bagage le capital que vous lui aurez transmis, et il ne se sentira pas désemparé face à un "Non", comme si cela signifiait pour lui la fin du monde, le désamour.


Et il reste aux parents à apprendre à dire un "Non" qui ne soit pas un faux oui.
Il y a des parents qui disent à leur enfant :
- Je t'ai dit trois fois de mettre ton manteau, alors maintenant c'est : UN....... DEUX.....

Et souvent, l'on voit l'enfant se dépêcher d'obtempérer, peut-être par crainte, en tout cas sous la menace (même s'il ne saura jamais ce qui se passerait si le parent devait dire : TROIS !)


Par Melie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:54

DIRE NON (4)


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UNE EPARGNE QUI VAUT SON PESANT D'OR


En sachant dire "Non" vous offrez à votre enfant une épargne qualitative qui n'a pas de prix.
Parce qu'il saura qu'on ne parle pas n'importe comment aux autres, qu'on ne marche pas n'importe où dans la rue, qu'on remercie sans que ce soit un signe de faiblesse, que rien ne lui est dû.

Il aura intégré au fil du temps qu'il existent des choses impossibles, et d'autres strictement interdites.
Jusqu'à preuve du contraire, seuls les parents peuvent transmettre ce capital à leur enfant.

Pourquoi ? Parce que vous êtes son modèle, son héros. Parce qu'au fond, pour rien au monde il ne voudrait vous déplaire.

 

 



nonA NON 6


QUESTION D'UNE MAMAN : LORSQUE MON COEUR BALANCE


Je me pose une question :
Souvent, nous savons dire "non", et parfois, nous sentons que ce "non", puisque vous parliez de le dire avec conviction, est un peu ..léger... Nous sommes prêts de céder. Je pense à des circonstances où l'enjeu est de peu d'importance, la demande de l'enfant par exemple, nous embête, parce qu'on est pressé, mais l'on pourrait aussi bien dire oui que non.

Dans ce cas-là, ne vaut-il pas mieux dire "OUI" plutôt qu'un faux"non" mal assuré ?

 

Un papa, Francis, ajoute : - Un faux "Oui" alors ?

(ce qui fait rire les parents)


Dans cet exemple, il y a peu de dommages à dire "Oui" ou à dire "Non".
L'objectif est de ne pas ajouter des "non" pour rien, qui fatiguent tout le monde.
Peut-être qu'en disant "oui", vous serez moins pressée qu'en engageant un conflit.


Peut-être est-il bon de se souvenir que nous avons accordé à l'enfant ce qu'il demandait, parce que lui se le rappellera et pourra peut-être, redemander la même chose, dans le même type de circonstances, usant ainsi du fait de votre fatigue ou du sentiment d'être pressée que vous ressentez.


Souvenons-nous aussi que les touts petits n'ont pas la même notion du temps que nous. L'enfant ne se souviendra peut-être pas de la situation exacte, concrète, mais se souviendra parfaitement d'une posture que vous avez eue : Maman a eu le coeur qui balançait, et son oui et son non jouaient à tape-cul.


Un peu plus grand, certains dès 3 ans, d'autres plus tard, l'enfant vous en parlera :
- Oui mais l'autre fois, t'avais dit oui.

Il faut juste être claire à ce sujet, dans votre esprit. Mais ce n'est pas un risque monumental. Cela fait partie du jeu de la relation et de l'éducation.

 


Le "non" peu convaincu, est celui du parent qui retrouvant l'enfant en fin de journée, à l'école, va expliquer :
- Je ne vais pas t'acheter un gâteau maintenant, tu sais, nous allons diner vite.

Mais cette phrase, prononcée devant d'autres adultes, est presque faite pour montrer bonne figure, et nous sentons, dans le ton de la voix, que dès la première boulangerie croisée, le gâteau arrivera dans les mains de l'enfant.

C'est une affaire de nuances.

 

 




Non 10


MAIS PUISQUE J'AI DIT : N.O.N !!!!!


Quand il nous semble que nous devons dire "Non" avec une tonalité de 10 sur l'Echelle de Richter :

Nous ne sommes pas obligés d'être sec ou de crier pour afficher un "non".
Après, selon notre caractère, l'enfant va s'acclimater.
Certains adultes sont "pétards", d'autres sont de tempérament très posé.

Dans les deux cas, on peut apprendre un peu à moduler notre caractère si l'on sent que l'enfant, selon le sien, réagira mieux à une voix posée ou très ferme.

Quoi qu'il en soit, la colère est mauvaise conseillère et les cris perpétuels n'ont plus valeur d'efficacité.


Je vais redonner l'exemple de cette maman italienne, qui hurlait du soir au matin, la grande menace finale étant :
- Yé vé té touer !!!
Et l'enfant que j'étais se précipitait pour dire à ma propre mère : Mme A... va tuer un de ses enfants !!!

Et bien cette mama italienne était ainsi, parlait ainsi, et sur ses 12 enfants, aucun n'aurait eu, comme moi, l'impression qu'elle allait commettre un terrible passage à l'acte. Parce qu'ils connaissaient leur maman à eux.


Dire "non", ce n'est pas inscrire une colère. La voix et le regard doivent suffire à ce que l'enfant comprenne que nous ne cèderons pas. Et que nous ne sommes pas en colère après lui.
Nous avons dit "Non" à sa demande. C'est tout.
Au besoin, nous expliquons pourquoi.
Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:52

DIRE NON (5)


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LE "NON" MARCHAND DE TAPIS

 

Une maman demande :
- Si je dis non, et que, devant le désarroi, la tristesse de mon enfant, je propose autre chose, est-ce que cette "négociation" est négative ?


Cela fait penser aux professionnelles de la petite enfance, qui savent que, par exemple, lorsqu'un enfant exige tel jouet, lequel est déjà entre les mains d'un autre petit, la seule issue efficace est de parvenir à détourner son imaginaire en lui proposant, en effet, une voie apaisante.

Ceci s'effectue dans le jeu, dans un rire, un véritable emballement.


L'autre possibilité, si l'enfant est un tout petit peu plus grand, est de recourir également à l'imaginaire, en lui proposant de raconter tout ce qu'il ferait avec l'objet -camion, pousette, voiture, etc.-. En quelque sorte, de rêver déjà, de se donner du plaisir. Ce qui permettra à l'enfant d'apprendre à patienter, d'apprendre à prendre son tour, faire la queue.


Ces négociations-là sont très riches, y compris pour la relation.

Il y a d'autres "négociations" qui sont plus délicates, mais chaque parent le sent alors et s'aperçoit qu'il propose un objet pour un autre, mais au fond, en cédant littéralement face à l'exigence de l'enfant.


Si vous préparez le diner et que l'enfant réclame du pain, vous pouvez lui offrir un bout de carotte ou l'inviter à aller plus vite parce qu'il va vous aider en vous tendant chaque pomme de terre à éplucher. Si cela ne marche pas, c'est à vous de voir dans quelle mesure vous lâchez prise ou non.

 

Francis (papa) dit en souriant :

- Il faut tout de même céder de temps en temps.


Bien sûr !!!

C'est précisément toute la joie que cela procure à tous, ce "Oui" qui est donné à l'enfant, lequel le reçoit comme une surprise d'importance.

Il est fatigué, ou un peu patraque, ou a vécu un gros malheur dans la journée... alors oui, on lui donne ce petit bout de pain, avec du beurre dessus ! C'est une sorte de tricostéril affectif.


Dès lors que nous savons que notre enfant a intégré le fait qu'il existe une loi, et que c'est la notre, alors, les petites exceptions deviennent des fêtes.

 




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MOI QUAND JE SERAI GRAND JE SAURAI DIRE "PAS OUI"

Ce sujet est d'autant plus important que même adultes, nous avons des difficultés à prononcer ce "Non" : aux amis (on fabrique un mensonge pour ne pas se rendre à une invitation), au patron, aux collègues, au voisin, au facteur, à celui qui demande un service, à une compagne, un compagnon.

Dire "Non" c'est se définir par rapport à l'autre. Et nous craignons souvent de faire de la peine plutôt que de nous définir. alors que, ceci fait et dit posément, la relation est plus saine.


Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:50

DIRE NON (6)




schtroumpf NON 5




LA VIE POUR L'ENFANT EST SOUVENT INJUSTE


Un grand-père prend la parole en affichant clairement son esprit de contradiction (nous avons l'habitude et l'estimons toutes et tous pour ses remarques, qui donnent toujours de quoi penser. Ce grand-père, encore bien jeune, alimente à chaque rencontre son esprit de contradiction, avec des arguments toujours intéressants, et ce, avec humour).

- Je trouve que nous disons trop souvent "non" aux enfants : Tu dois bien te tenir, non ne prends pas ta fourchette ainsi, non tu ne pars pas sans dire au revoir, non je te reprends le cadeau si tu ne dis pas merci à ta tante.....


Ce sont des "non" continuels du matin au soir, à tout va. Alors je contredis tout à fait vos propos. Un enfant, ça doit être dans le plaisir, le désir.
Finalement, toute la société cherche à fabriquer des gens très petits, dociles, obéissants.
On en arrive à avoir des enfants éteints parce qu'on leur refuse tout sans arrêt, surtout à l'école
.



Le but de l'école n'est pas de dire "non" et d'interdire, mais d'apprendre à apprendre, d'apprendre à aimer être curieux, de confronter ses savoirs et son intelligence à ceux des autres, de partager et de chercher ensemble, réussir, trouver, râter.

Pour ce faire, quelques règles sont indispensables, comme l'exige toute vie en groupe. Pas moins, mais pas plus.


Nous sommes tous de l'avis que nos enfants, dès 8 mois environ, entendent des "Non".

Parce qu'ils sont dans la découverte et que nous nous devons par exemple, de leur interdire ce qui serait dangereux, ou de manipuler ce qui nous est précieux, de ne pas tirer sur la nappe pleine d'assiettes lorsqu'ils se tiennent debout.


Mais ces "Non" ne l'empêcheront nullement de grandir, d'appréhender petit à petit ce à quoi il a droit de goûter, ce qu'il peut toucher, mettre en bouche.
C'est une affaire d'accompagnement.


Ce "Non" ne fait pas un enfant docile, au contraire, il lui offre mille autres possibilités qui lui permettent de faire ses découvertes dans un espace sécure, avec un adulte qui lui permet d'explorer tel placard de la cuisine parce qu'il est rempli de récipients en plastique mais lui interdit d'ouvrir celui d'à côté parce que celui-là contient des objets trop lourds ou des paquets de lentille qu'on a pas envie de récupérer à la main ou dans la bouche du petit.


Il est aussi des "non" qui sont : 
- Je ne veux pas parce que tu peux mourir, je ne veux pas parce que c'est "mon" objet, je ne veux pas parce que j'ai peur.
Il n'y a aucun mal à dire "non" pour ce type de motifs.
Et fait est que petit, l'enfant entendra ses "Non" très souvent.




NON 17 marre 


Nous pouvons constater qu'entre la crèche (ou la nounou) et l'école, l'enfant va, dans cette école, apprendre un tout petit peu plus de règles. Mais il a acquis le minimum de maturité pour les supporter. Cela n'a rien de traumatisant.


Notre grand-père amical :
- Oui, c'est ce que j'appelle les interdits sociaux.

En effet, mais ces interdits sont vitaux pour initier l'enfant à vivre, plus tard, en collectivité, à se comporter correctement dans la rue, à respecter autrui, y compris les horaires, incontournables.


Francis (un papa) :

- Nous leur donnons aussi des droits à l'anarchie, à la participation, à l'initiative, et cela renforce et les "Oui" et les "Non. Et les enfants en posent aussi des "non", qui construisent.


Le grand-père amical :

- Oui mais on leur demande de se taire.


Ici, il faut bien entendre que dans une classe de maternelle voire de primaire, l'institutrice ne dit pas :
- Taisez-vous (le "Non" insidieux) c'est moi qui parle !

Le mouvement scolaire est très doux. C'est un rythme adapté, selon les âges, selon les apprentissages à acquérir, qui du reste, ne sont pas forcément des corvées pour les enfants.


Le grand-père amical :
-Je ne parlais pas tant de la maternelle que des classes, bien bien plus tard.


Là aussi, je dis à ce grand-père que ce problème est le même à la maison : si à partir de 10 ans, et durant l'adolescence, l'enfant n'a jamais été confronté à un refus, que ce soit alors au collège ou dans le sein de la maison, les parents seront remis fortement en question et le pré-adolescent ou l'adolescent, qui n'aura pas acquis ce capital, sera lui-même débordé, vous opposant tout seul et de lui-même des "Non" intolérables.
Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:48

DIRE NON (7)


JE TE DIS NON PARCE QUE JE T'AIME

 


NON 19 ils veulent pas

Une maman a été touchée par le fait d'avoir entendu qu'en sachant dire "Non" à nos enfants, nous leur apprenons à être capables de prononcer ce "Non" lorsqu'ils sentiront que la chose proposée va contre leur conviction, ou leur peur, ou leur choix.


Même en primaire cela se joue :
Driss a 8 ans et traverse une période douloureuse, parce qu'il a un ami, mais depuis quelque temps, cet ami se comporte en classe et dans la cour d'une manière qui ne convient pas à Driss, lequel a posé l'autre soir la réflexion suivante :

- Je ne suis pas heureux en ce moment. Elie fait n'importe quoi et je veux lui dire que je refuse de le suivre, mais je ne sais pas comment lui dire parce que c'est mon ami et qu'il pourrait refuser notre amitié après.


Cela signifie que Driss, à 8 ans, a reçu des règles, des principes, qui le rendent capable aujourd'hui, de dire à son copain :
- Je ne te suivrai pas dans ton idée (donc refus d'influence) parce que ce que tu fais ne me fait pas rire (poser son désir) et en plus tu vas avoir des ennuis et je préfère te le dire parce que tu es mon ami (franchise).

 


Anne ajoute :
- Même adolescents, ils posent encore des questions incongrues, et devant notre refus, ils répondent par un :
- Je savais que tu allais dire non mais je voulais en être sûr(e).

- Ils ne protestent pas, dit Anne, mais ils ont visiblement besoin de se confronter à des "non" et l'on sent bien que c'est ce qu'ils voulaient entendre. Il se construisent avec cela, dans la frustration aussi.

 





tu as dis non NON 4

 

LE RESPECT DU "NON" EST-IL RECIPROQUE ?

 


Une maman demande :

- C'est peut-être un autre débat, mais je voudrais tout de même savoir.. ce qu'il en est de la manière dont NOUS, adultes, sommes capables de respecter leur "non" à eux, nos enfants.

(plusieurs parents acquiescent).


Selon le cas de figure, si l'enfant nous dit "Non", cela peut nous aider, adultes, en prenant un peu de recul, à nous demander si le "non" de notre enfant nous blesse, nous met en colère, nous heurte, s'il ne vaudrait pas mieux accepter son refus de sorte qu'il intègre que nous le respectons dans son choix, comme nous avons essayé de lui apprendre que certains de nos "non" ne seraient pas discutables.


Il ont des "non" au fur et à mesure de leur évolution qui deviennent pour nous, adultes, parents, plus délicats à gérer.

L'enfant qui refuse de prendre son bain le soir, selon que nous concevons ou non qu'on puisse ne pas se laver chaque jour, va nous poser un problème.
A nous de "jouer" comme le disait Francis tout à l'heure, sur le "OUI" soit : bon.. d'accord... mais demain tu le prends, ou à nous de poser un cadre, par exemple : le mardi soir, comme tu n'as pas école le lendemain, tu pourras ne pas prendre de bain.


L'objectif là encore, est de parvenir en effet à respecter le "non" de l'enfant tout en nous sentant indemnes dans notre qualité de parent, telle que nous l'imaginons.
Le second objectif est de témoigner à notre enfant qu'il acquiert une forme de liberté, d'autonomie, qu'il la réclame et que nous l'avons réellement entendu.

 




y a des non surrealistes NON 2

POURQUOI ? PORQUE ? WHY ? LES "NON" SURREALISTES


Une maman demande :
- Est-ce qu'on doit toujours expliquer le "Non" ? Doit-on le dire tel que, sans se justifier, ou bien doit-on donner quelque raison à l'enfant ?


Concernant les pré et adolescents, il leur est nécessaire d'entendre une raison qui motive votre "Non".
Parce qu'il leur faut conceptualiser votre position, donc la leur.
Ils ont besoin de se sentir respectables, ce qui passe par une motivation de votre refus.
Ne confondons pas explication et justification.
Vous dites : "Non". Et vous expliquez pour quelle(s) raison(s).


Parce que l'adolescent a un rapport à l'autorité un peu paranoïaque, par exemple, et ce qui est à l'opposé de ce qu'il veut signifie être "contre". Mais être "contre" peut vouloir dire, au contraire, être "avec".
Et il doit l'entendre, le ré-entendre et le comprendre.

 


Pour ce qu'il en est des petits, si vous répétez une scène cent fois vécue, il est bon parfois d'affirmer votre "Non" en ajoutant que le pourquoi de votre opposition a déjà été fournie et que son rôle à lui est d'y repenser.


Il arrive un moment où l'enfant va passer et repasser cent fois sur la question. Après avoir donné vos raisons, le "Non" en soit peut suffire.

A cet effet, nous voyons souvent nos enfants demander :
- Pourquoi tu me dis "non" ? Pourquoi tu ne veux pas ?
-Parce que je n'ai pas envie.
- Mais pourquoi tu n'as pas envie ? Et qu'est-ce que ça peut faire ?

Mais ils demandent très rarement :
- Pourquoi tu me dis "oui" ?


Une maman ajoute :
- Oui... parce que je vois que j'ai tendance à lâcher un "non" systématique, parce que j'en ai trois, parce que je suis fatiguée. C'est seulement ensuite que je me demande : Mais pourquoi dis-tu "non" d'emblée ?


Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:46

DIRE NON (8)



NON 20 face colère 2

LE DOUBLE SAUT PERILLEUX EN VRILLE RETOURNE


Francis (papa) ajoute qu'il lui est arrivé, comme à cette maman, de dire un "Non" expéditif, et de se sentir suffisamment remué par le visage et l'émotion de l'enfant pour y réfléchir ensuite, au point de dire à son fils :
- J'ai été un peu rapide ce matin, je t'ai dit "Non" pour ceci mais je me suis trompé. On peut faire la paix ?


Il est mille manières AUSSI de s'excuser sans perdre la face, et ainsi, d'apprendre à nos enfants que reconnaître ses torts est un moteur important dans les relations.

Nous ne pouvons pas éviter les abus de notre pouvoir d'adulte, mais si nous sentons que l'enfant l'a mal vécu, nous pouvons rattraper l'erreur commise. Une simple phrase suffit. Ca restitue de la confiance, de l'échange. Et l'enfant arrive même, plus tard, à devancer en disant :

- Tu vas peut-être me dire "non" papa......




Une maman ajoute :

- De même que nous pouvons saturer et jeter notre colère après l'un contre les trois enfants.

C'est important alors de le dire. Y compris par exemple, envers le compagnon qui rentre du travail, s'écrie "Bonsoir !!" et se sent refoulé dès l'entrée, parce que notre fatigue nous dépasse.  (fou rire des parents présents).

 

 





NON 21 face colère 1


PAPA EST EN OUI IL FAIT UNE VACHE QUI RIT MAMAN EST EN NON ELLE FAIT DU COCHON

Question : Au fond, puisque des papas sont présents, peuvent-ils nous dire s'il prononcent le "non plus facilement que leur compagne ?


Un papa :
- Je suis plus ferme je crois. Ma femme dit "Non" mais ce sont des "Non" au bord de céder. Mon "Non" n'est pas plus fréquent, mais plus fidèle. Quand les enfants pleurent, je tente de tenir plus longtemps.
Mais je ne sais pas si c'est une question de sexe.....


Nous sommes différents de structure. C'est heureux parce que cela permet la complémentarité, mais l'enjeu affectif étant différent, souvent les papas sont plus sages tout en étant plus dilettantes.


Un autre papa :
- Je suis partisan du "Non" et j'ai parfois l'impression d'être une usine à "Non".
J'ai aussi l'impression que plus mon fils grandit plus il se rapproche de moi : Donc cela ne le gêne pas pour notre relation.
Il se trouve que j'ai de la famille éparpillée dans le monde et il existe des cultures où le "non" n'existe quasiment pas.

En occident, il me semble que le "Non" sécurise les parents. Le "Oui" facilite l'immédiat.


Il y a aussi le "Non" des parents et le "Oui" des grands-parents. Et il faut gérer cet écart, ce n'est pas toujours simple.

C'est une crainte que j'avais au départ mais les choses se sont en effet aplanies et fixées. Les lois des grands-parents ont été admises par l'enfant, la notre également. Aujourd'hui, je sais que chez ses grands-parents il va s'éclater, et une fois rentré à la maison, il retrouve sans problème les lois qui sont les notres.

 



veulent pas NON 3(chais pas ce qui zont, y son tous à se disputer, Papi Papa Mamie Maman


QUAND LA FAMILLE ELARGIE S'EN MELE ET S'EMMELE

 



Il est difficile d'interagir avec ceux qui nous sont, sanguinement ou par alliance, proches :

Les grands-parents, lorsqu'ils s'immiscent réellement dans la maison (souci évoqué dans une autre conférence), quand les oncles et les tantes, donc plus près de nos âges, prennent avec notre enfant des initiatives que nous n'aimons pas.


Ou inversement, lorsque les neveux, nièces, sont chez nous, par exemple pour un après-midi ou un week-end, et qu'ils n'ont visiblement pas les mêmes règles de vie.


C'est vous qui faites la loi chez vous.
Si vous recevez une nièce, un neveu, et que vous estimez avoir à le gronder ou lui interdire un comportement qui n'est pas accepté chez "vous", alors cet enfant doit l'entendre et surtout, ses parents devraient marquer leur accord.


Sinon, votre enfant ne comprendra pas l'écart d'attitude, selon son âge il éprouvera un sentiment d'injustice à juste titre, voire nourrira une forme de sentiment négatif à l'endroit de sa cousine ou son cousin.

Tout enfant qui est sous votre toit se doit de respecter votre autorité et les règles qui vous semblent immuables.


C'est ensuite, à son père, sa mère, donc votre frère, votre belle sœur, ou l'inverse -beau-frère, sœur, de dire :
- Et bien ton oncle a bien fait de te dire "non" ou de te réprimander. Chez lui, c'est lui qui décide.

Lorsqu'à l'inverse, votre enfant ira chez son oncle et sa tante, nous pouvons espérer qu'il aura loisir de transgresser des règles qui par vous et dans votre maison, lui sont imposées.


Ensuite, l'enfant saura clairement à quoi s'en tenir. Cela ne l'empêchera pas de jouer, de rire, avec vos enfants, avec vous.
Il est par contre important que les oncles et tantes acceptent cette donne, tout simplement.

 

 






QUAND LE MODE D'ÉDUCATION VARIE DE LA TERRE À PLUTON

 


Une maman dit alors :
- Le risque éventuel est de se fâcher avec les belles-soeurs, les frères, les beaux-frères etc... C'est gênant.


Pourquoi serait-ce gênant ?
On peut calmement évoquer le petit souci, surtout lorsque les enfants sont petits, afin de s'accorder mutuellement sur le respect de ce qui se passe dans la maison de chacun.

S'il y a une véritable relation affective entre vous, adultes, tous devraient faire le chemin de la réflexion et ne pas se sentir jugés, mais juste, comprendre que vous êtes maître en votre demeure comme vous acceptez qu'ils le soient dans la leur.


Si la discussion semble impossible ou douloureuse, restez fidèle à vos convictions et dites "non" au neveu ou à la nièce.

 




NE PAS SAVOIR / POUVOIR  PARLER AUX PARENTS DES COPAINS DE NOS ENFANTS


***  Une maman, très touchée par ce sujet, parvient à dire qu'elle n'a pas réussi, su, parler et dire aux parents de l'enfant qui n'est pas le sien, en quoi elle se sentait dérangée par son attitude allant parfois à l'encontre de ses valeurs.


Nous pouvons tenter de parler avec l'autre adulte, de manière très banale, pour commencer :
- Au fait, cet après-midi, ton fils m'a demandé ceci, je lui ai refusé pour telle raison.


La maman explique alors que ce type de problème est hélas plus profond, plus global, et concerne une manière de laisser l'enfant libre, hors toutes contraintes, ce qui lui fait par exemple, démonter une table, saccager ou éparpiller des jouets. Les parents ne disant jamais "Non".


Et cette maman reconnaît que la seule parole possible serait, pour elle, de dire :
- Je ne suis profondément pas d'accord avec ton mode d'éducation.
Ce qui lui est, évidemment, fort difficile.


Peut-être peut-on commencer par dire à la maman de l'enfant, sur un mode humoristique :
- Ton fils a essayé de faire un kit avec l'armoire à pharmacie, je n'ai pas été d'accord.

Dire les choses avec légèreté peut permettre de les aborder plus sérieusement, dans un temps "X".

Cela aide, sur l'instant, à ne rien cacher à la maman de l'enfant qui était invité chez vous.

Mais au moins, cette maman se sentira intègre. Au milieu du récit des anecdotes, elle aura conté un petit incident qui l'a mise en position de devoir refuser quelque chose à l'enfant d'une amie, proche ou non.


Quoi qu'il en soit, il est important, pour NOUS et NOS enfants, de savoir dire "Non" aux autres enfants qui viennent chez nous.
Si leurs parents sont "justes" ils ne se "vengeront" pas de manière inconsidérée mais respecteront, tout simplement, vos principes.

 

 






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QUAND MON SOUVENIR D'ENFANCE À UNE CICATRICE QUI S'APPELLE : INJUSTICE


*** Le grand-père amical prend cause pour les petits


Parfois les parents peuvent avoir tort.
Et une tierce personne peut leur dire :
- Tu t'y prends mal avec ton enfant. Fous-lui la paix.

Vous ouvrez le poste et vous n'entendez que des injustices et des drames.
Je suis terriblement sensible à cela, à cause de mon enfance.
(notre ami est ici profondément ému et s'en excuse, mais je veux quant à moi,le remercier de son authenticité).

J'avais une place dans une entreprise, mais finalement j'aurais mieux fait d'être avocat.

J'ai pourtant, évidemment conscience, que ce sujet du "oui" et du "non"... est terriblement important.
Je n'ai pas loin de 60 ans. Mais j'ai un souvenir de dingue, de "Non" trop fréquents, injustes. De ne pas être écouté, entendu.

Vous avez en tant que professionnelles, des responsabilités face à ces enfants.
Mais pour moi, le "oui", le "non", c'est un thème fondamental, vital, auquel je suis très sensible.

Donc...... Je n'ai pas loin de 60 ans, et je n'ai.. jamais pu dire : OUI. Toujours devoir fermer sa gueule.


Que la vie soit injuste n'est pas grave, ce qui est grave c'est que nos enfants le vivent mal sans pouvoir l'exprimer.


(cette intervention, très forte, soulève des apartés entre parents, des petits commentaires dont il semble que quelques parents ont fort bien entendu et ressenti l'émotion et les arguments du grand-père amical).

 

 




LA TIERCE PERSONNE FACE AUX PARENTS DONT ON PENSE QU'ILS DÉRAPENT

 


*** Le grand-père amical parle des contradictions fondamentales dont les enfants sont victimes.

- L'enfant rentre et raconte un incident. Combien de fois j'ai vu un parent dire :
- C'est ton prof qui a raison ! Il a bien fait de te dire "Non" !

- Je veux dire qu'il me semble.. Que souvent l'enfant n'a pas grand monde le soutenant pour lui dire : - Tu as raison.

Dès que je peux, je m'autorise, après réflexion, ça va de soi, à dire aux parents qu'ils n'ont pas écouté et entendu suffisamment cet enfant qui s'estime avoir été victime.


Si, dans ma famille ou ailleurs, je vois des parents que j'estime déborder, je le leur dis, en tant que tierce personne. Parce que je me souviens de ma propre enfance.
Il arrive tout de même des situations où l'enfant a raison, est dans SA raison, et n'avait pas tort.
Je trouve vraiment que les enfants ont souvent tort. Il est important que des adultes sachent les protéger, les réconforter.

Je veux dire qu'à un certain moment, l'enfant peut avoir raison et PERSONNE ne le voit ou PERSONNE ne l'admet.



*** Un papa explique :

- On peut exprimer aux "amis" ou aux parents d'un ami de nos enfants, un désaccord.
Il y a aussi une manière de dire les choses. Par exemple, je ne dirais pas, même si je le pense :
- Ton gamin est chiant.
J'opterais pour un ton et un vocabulaire plus recevables en disant par exemple :
- Il a telle qualité mais il a été un peu turbulent...
Et en effet, on peut le dire avec un ton humoristique, léger. En espérant que cela fasse son chemin, parce que je ne doute pas que ces parents entendent et entendront le même son de cloche venu de plusieurs personnes extérieures.

 

 

oui non
(hmmm... Ca m'énerve mais... il a peut-être raison.. )





*** COMMENT SE POSER FACE A L'ENFANT LORSQU'IL EST VICTIME D'INJUSTICE ET QU'UN "TIERS" L'A SANCTIONNE ?

Un autre grand-parent prend la parole :

Sur ce sujet, mes enfants sont adultes.. Mais ceci ne nous empêche pas de nous souvenir. Et on en parle.

Une de mes filles s'était faite punir, très fermement je dirais, par son enseignant, qui se trouvait être, par ailleurs, un de mes bons copains. Mais en mon âme et conscience, j'estimais la sanction injuste.

J'ai dit à mon enfant :
- J'ai entendu tes explications. Je pense profondément que cette sanction n'avait pas lieu d'être mais je te demande de faire la punition. Parce qu'elle a été donnée par ton enseignant et c'est la règle.
Je retiens et te soutiens : Je suis convaincu que tu as été victime d'une injustice, là.
Seulement, ton prof. a sanctionné, et ça, tu dois l'accepter, moi également.

Par contre, je suis allé voir l'instituteur, et mon ami de surcroît, et lui ai déballé tous mes arguments, les circonstances, etc :
- Tu as déconné et tu ne me refais pas ce coup-là deux fois. Je veux qu'on en parle. Tu as été injuste.
Choses reconnues entre quatre yeux. Peu importent les raisons, la fatigue.

Aujourd'hui ma fille a trente ans et s'en souvient. Comme une réparation et une compréhension. Nous en parlons encore, cela fait partie de notre histoire de famille.
Mais il me semble que j'avais séparé face à mon enfant, la "loi" du professeur et "mon avis" de parent.

Je tiens à dire que cette enfant était discrète et avait en quelque sorte "subi" la punition.
Sa soeur, par contre, a un caractère disons, réactif. Ce qui peut aider l'enfant à s'exprimer tout en provoquant des effets disons plus dynamiques.. ou dynamites. C'était une enfant qui revendiquait.
(rires des parents)
Je n'utilisais pas l'interdit sous la forme du "Non" mais sous celle des "Limites".


Par conséquent nous avons, avec cette seconde, été souvent en confrontation, avec les limites.
Aujourd'hui, elle est adulte, et se félicite de ses cadres qui lui ont été posés.

 

Par Mélie - Publié dans : Parents
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 11:44

DIRE NON ( 9 et fin)


y en a marre NON 1


ET SI MOA J'AI JUSTE ENVIE DE DIRE : NON !!!! PAREIL QUE TOI ! HEIN ? HEIN ?


Le témoignage de ces "grands-parents", ayant chacun leurs souvenirs, ceux de leurs échecs et de leurs réussites, relance la question du tout petit -disons, 15 mois à 3 ans -  qui dit : NON.

Non... peu importe pour quoi, même pour des choses, aliments, jouets, jeux, qu'il aime.
Il lui est vital d'opposer un "NON" pour s'affirmer en tant que personne : avec TEL prénom, TEL nom, TEL sexe.

Anne (maman mais institutrice de maternelle) confirme que c'est bien le cas.

Anne évoque un album qui fait jubiler les petits de maternelle : Il s'agit de "Qui dit non, qui dit non", un ours, papa, dmande des choses et l'enfant dit : "NON".
Anne souligne combien la lecture et l'écoute de l'histoire instruit les enfants, quels qu'ils soient, et les rend véritablement heureux, visages éclairés, jouissifs.
C'est.... EUX.


Je vous rappelle que les petits, de 18 mois -en gros- à 3 ans (selon leur maturité, leur entourage, la stimulation d'aînés, de la crèche ou l'école, etc) essaient le "NON"  comme une foultitude de tentatives ;

- Est-ce que mon "Non" marche ?
- Est-ce que mon "Non" est drôle et fait rire ?
- Est-ce que mon "Non" me fait paraître grand ?
- Est-ce que mon "Non" a l'air du Non de mon papa ?
- Est-ce que mon "Non" va faire peur ou va faire content ou va faire des choses différentes ?
- Est-ce que mon "Non" va ME faire du bien ?
etc. etc.

 

On peut jouer ensuite :

- Toi, c'est non à quoi ?                - A je veux pas manger les carottes
- Et toi, c'est non à quoi ?             - A je veux pas dormir
- Et toi, tu dis non pour quoi ?         - Pareil
- Non , il faut que tu inventes ton non  - C'est Non à pas de doudou

 


etc etc..........
Mais les enfants, NOS et VOS enfants, apprennent, par CES jeux, à justifier leur opposition donc leur Position.

 


*** Francis :
- C'est toute la difficulté des bornes entre ce que nous estimons juste sans parfois percevoir que du côté de l'autre borne, l'enfant le vit injustement.

*** Le grand-père amical :
- Oui, sauf que lorsque vous êtes tout petit, l'idée de justice, d'injustice, n'est pas la même. Les petits sont remués intimement par ce qui leur semble injuste de manière inexplicable, peut-être tout simplement parce qu'ils ne COMPRENNENT PAS pourquoi l'adulte a décidé ainsi.

*** Une maman :
- Nous pouvons, adultes, expliquer et justifier nos "Non". Cela peut les aider.

 


Il y a notre histoire de vie, à nous parents, l'éducation que nous avons reçu, les principes que nous avons gardés avec un nouveau compagnon ou une compagne.

Il y a nos blessures d'enfants. D'enfance.

Et puis il y a aussi et malgré nous, nos propres enfants, qui se construisent sur nos "OUI", avec et malgré nos "NON", qui ne les vivent pas de la même façon selon leur arrivée dans la fratrie, selon leur sensibilité, selon leur besoin, selon leur sexe, selon la relation avec le père et/ou la mère, différent des autres frères et soeurs.

Et tout ceci est un vrai mystère.

 

 




Un GRAND MERCI AUX PARENTS, GRANDS-PARENTS (donc parents), et ENFANTS (adultes sans enfants mais "parents" de....) pour cette rencontre extrêmement riche, pour l'écoute et le respect mutuels.

Savoir dire "Non" , parfois, c'est aussi tendre la main...au lendemain.


main tendue verte
Par Mélie - Publié dans : Parents
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